Aujourd'hui 5 septembre, un haut responsable des services de sécurité pakistanais a indiqué à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, qu'au moins trois enfants et deux femmes viennent d’être tués, dans le nord-ouest du Pakistan, par trois missiles tirés par des avions sans pilote, que seules les troupes américaines basées en Afghanistan voisin possèdent.
Ces missiles se
sont
abattus sur deux maisons du village de Goorweck Baipali, dans le
district du Waziristan du Nord, réputé être un
bastion des talibans pakistanais.
Ces informations
n'ont
pas été, pour l’instant, confirmées par d'autres
sources mais, depuis quelques jours, des missiles américains
s'abattent quasi-quotidiennement sur les zones tribales pakistanaises
frontalières avec l'Afghanistan, où Washington assure
qu'Al-Qaïda et les talibans afghans auraient "reconstitué
leurs forces".
La frappe
meurtrière de ce matin survient notamment deux jours
après le premier raid connu des forces américaines
d'Afghanistan en territoire pakistanais, qui a tué, selon
Islamabad, au moins 15 civils, dont des femmes et des enfants.
Washington a refusé jusqu'alors de commenter cette information,
mais ne l'a pas démentie.
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Le
silence complice des medias occidentaux

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Presque chaque
jour,
en Afghanistan et maintenant au Pakistan, ce sont ainsi des femmes et
des enfants qui périssent sous les bombardements des
Américains et de leurs alliés de l’Union dite "européenne".
Ces crimes de guerre qui révoltent la conscience sont
systématiquement occultés ou minimisés par les
medias occidentaux, car la Pensée unique européiste exige
que nous admettions sans discuter que les Etats-Unis, l’OTAN et l’Union
européenne sont les forces du Bien.
Le temps
paraît
ainsi bien loin où les medias occidentaux, américains en
tête, informaient quotidiennement leurs citoyens des massacres
provoqués par l’armée américaine au Vietnam puis
l’extension de ces drames au Cambodge. A l’époque, la presse
était incontestablement plus démocratique qu’elle ne
l’est devenue et c'est sans doute l'un des constats les plus
angoissants de notre époque que de mesurer à quel point
des forces puissantes sont parvenues à museler tout média
réellement indépendant aux Etats-Unis, et dans les
Etats-membres de l’Union européenne dans leur sillage.
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La polémique
suscitée ces jours-ci en France par un reportage de Paris Match
est révélatrice de cet état d’esprit
intolérant : que ce reportage auprès des combattants
afghans ait déplu à ceux qui ne veulent pas avoir le
moindre son de cloche divergent, c'est une chose ; mais que de
nombreuses voix, surtout dans la sphère politique, se soient
élevées pour s’indigner qu’un tel reportage ait pu avoir
lieu et être publié est tout autre chose : il s’agit alors
d’une attaque sans vergogne contre la liberté de la presse et la
liberté d’informer. Une attaque qui renvoie aux périodes
les plus sombres de notre histoire.
La France a désormais 20.000
soldats à
l’étranger …
Ce silence
médiatique vise à empêcher que l’opinion publique
ne commence à s’inquiéter des conséquences de la
politique militaire conduite tous azimuts par Nicolas Sarkozy, tant en
ce qui concerne la Paix du monde que la vie de nos soldats et la
sécurité collective des Français.
Mais, pendant que l’opinion publique est maintenue
dans
l’ignorance, c'est une inquiétude croissante qui se fait jour
dans les cercles politiques et militaires.
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Ainsi, hier 4 septembre, le
président UMP de la
commission de la Défense de l'Assemblée nationale, Guy
Teissier, n'y est pas allé par quatre chemins pour tirer la
sonnette d’alarme au cours de sa conférence de presse.
Après avoir rappelé que "la France est
engagée dans un nombre d'opérations extérieures
très important et nous ne pourrons pas être sur ces
terrains d'une manière pérenne", le parlementaire UMP
a révélé son angoisse : "Quand on voit le
Tchad, le Liban, la Côte d'Ivoire, le Kosovo, est-ce qu'on pourra
tenir partout ?"
De fait, et à l’insu des Français, la
France compte désormais la bagatelle de 20.000 soldats en
opération sur différents points chauds du globe et le
député semble penser que le point limite est atteint, en
particulier pour l'armée de terre, qu'il juge "terriblement
sollicitée".
Les USA et l’Union
européenne entraînent
la France dans un engrenage de plus en plus meurtrier
Concernant
l'Afghanistan, Guy Tessier – en bon UMP tenu de s’aligner sur la
position de l’Elysée - a affirmé sa conviction que Kaboul
redeviendrait l'épicentre du djihadisme mondial si l'Occident
abandonnait le pays. Il a cependant été
obligé de reconnaître devant les journalistes que les
Occidentaux étaient passés d'une logique de maintien de
la paix à une logique de guerre.
Tirant la conclusion de cet engrenage, le
président UMP de la commission de la Défense de
l'Assemblée nationale a insisté sur l'urgence qu'il y a
à renforcer les moyens des troupes sur place, tant dans le
domaine de l'aéromobilité que du renseignement. Il estime
que les quelque 3.000 soldats français présents sur le
terrain doivent pouvoir disposer de leurs propres
hélicoptères d'assaut et d'un nombre accru
d'hélicoptères de transport de troupes. "Il faut
d'une manière indispensable que nos hélicoptères
de combat Tigre puissent, dans les délais les plus brefs,
être engagés sur le terrain" , a-t-il dit. De
même,
le parlementaire estime que les forces françaises ont "un
besoin indispensable de drones d'observation et de renseignements
d'origine humaine. Il faut probablement un retour des forces
spéciales sur le terrain".
En bref, on ne saurait mieux dire que
l’inquiétude a gagné les plus hautes sphères
politiques et militaires du pays sur le destin de cette armada
militaire française envoyée aux quatre coins du globe. Et
cette inquiétude ressentie face aux difficultés du
terrain amène, comme hélas si souvent dans l’histoire,
non pas à reconsidérer l’ensemble des opérations,
leur bien-fondé et leurs conséquences, mais à
foncer tête baissée dans le renforcement des moyens
militaires.
Plusieurs experts français
tirent
la sonnette
d’alarme : cet engrenage meurtrier n’aura pour effet que de
répandre partout la haine anti-occidentale
Cet engrenage militaire dans lequel la politique sarkozyste est en
train d’enfermer notre pays pour complaire aux Etats-Unis
d'Amérique risque de connaître des développements
très préoccupants et peut à terme nous conduire
dans un enlisement militaire désastreux. En effet, comme les
Français puis les Américains le vécurent au
Vietnam et au Cambodge dans les années 1945-1975, la
présence occidentale en Afghanistan et au Pakistan, loin
d’apporter une paix conforme à nos intérêts, est
tout au contraire, et fort logiquement d’ailleurs, en train d’exacerber
dans toute la région la haine contre les Occidentaux.
Dans une
récente tribune publiée par le journal Le
Monde, Gérard Fussman, professeur au Collège de
France, a ainsi souligné que "les
troupes de l'OTAN ne
contrôlent pas plus l'Afghanistan que ne le faisaient les
Soviétiques. La raison en est simple : elles se conduisent et
sont perçues comme une armée d'occupation [...] Comment
veut-on que les Afghans ne se sentent pas plus proches des combattants
qui vivent comme eux et meurent pour une foi qui est la leur, que
d'étrangers dont ils ne voient que les armes, les gilets
pare-balles, les blindés et les bombardements ?"
Abondant dans
cette
analyse, Mariam Abou Zahab, chercheur au
CERI-Sciences Po, et Bernard Dupaigne, professeur au musée de
l'Homme, interrogés par l’AFP, ont vivement mis en garde contre
un accroissement du nombre de soldats étrangers dans les
vallées afghanes.
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Cet accroissement n'aboutira, selon eux,
qu'à radicaliser des populations jalouses de leur
indépendance, que personne n'a jamais soumises par la force.
Pour Mme Abou Zahab, "plus
on
envoie de troupes, plus il y aura
de dommage collatéraux. Davantage de civils tués, et
c'est la spirale. Il semble que les leçons du passé n'ont
pas été apprises" " . Pour Bernard Dupaigne, "dire
que l'avenir du monde et la guerre contre le terrorisme passent par
l'Afghanistan, c'est faux. L'Afghanistan n'est pas une machine à
faire des terroristes. Plus on les bombarde, et plus il y aura des gens
qui vont nous tirer dessus".
CONCLUSION : ILS N’ONT RIEN OUBLIE
NI
RIEN APPRIS

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On
connaît le
mot fameux de Talleyrand au sujet des nobles,
émigrés sous la Révolution puis revenus en France
sous la Restauration : "ils n'ont
rien oublié ni rien appris".
Ce mot cruel s’applique parfaitement à la politique suivie au
Moyen Orient par les Etats-Unis – et hélas par la France depuis
l’arrivée à l’Elysée de Nicolas Sarkozy.
Il faut ne rien
comprendre du tout au monde musulman et
aux populations
afghanes, indomptables depuis des siècles, pour imaginer que ces
populations accepteront de se soumettre à ce qu’elles
perçoivent – non sans raison ! – comme des troupes d’occupation
étrangères, venues de pays essentiellement
chrétiens de surcroît.
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Il faut n’avoir
rien
appris de toute l’histoire des siècles
précédents et des drames de la décolonisation pour
imaginer que la présence militaire occidentale en Afghanistan ou
au Pakistan s’achèvera par une pacification conforme aux vues de
Washington.
Nul ne s’est jamais fait aimer en bombardant
aveuglément, jour après jour, des populations civiles, et
en tuant femmes et enfants. Loin d’éradiquer le terrorisme et le
radicalisme islamique, la poursuite de ces aventures militaires ne fera
au contraire que les attiser à travers le monde.
Sauf
à courir le risque de voir des soldats français
sacrifiés en nombre croissant – et peut-être un jour de
subir des attentats meurtriers sur le sol français –
l’intelligence de la situation et la conformité au droit et
à la justice commandent que la France quitte au plus vite les
théâtres d’opération où elle n'a rien
à faire et où ses intérêts nationaux ne sont
pas en jeu. Les forces armées françaises doivent quitter
l’Afghanistan et la coalition euro-atlantiste. Elle doit en revenir
à son rôle traditionnel de puissance d’équilibre et
de sagesse, celle qui sait aussi dire Non aux Américains.
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